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L'histoire du shito-ryu

Le shitô-ryu(糸東流) est une forme de karaté originaire d’Okinawa élaborée par Kenwa Mabuni (摩文仁賢和).
Mabuni choisit d’appeler son style shitô-ryu en l’honneur de ses deux principaux maîtres : Anko Itosu et Kanryo Higashionna.
糸東 « shitô » est en effet constitué des deux premiers kanji (les « kanji » sont des caractères (字) empruntés au système d’écriture de l’ethnie chinoise Han) d’Itosu et de Higashionna.
(Le premier caractère Kanji dans « Itosu » sonne comme un « shi » et celui de « Higashionna » comme un « tô » et « ryu » veut dire école ou style).
Shi = kanji d’Itosu

To = kanji d’Higaonna
Ryu = école
Kara = vide
Te = main
Do = la voie

Originaire d’Okinawa, Mabuni ouvre de nombreux dojos dans les environs d’Osaka et la majeure partie des pratiquants du shitô-ryu se situe dans cette région.
Maître Kenwa Mabuni, fondateur du style :

La famille Mabuni descend des seigneurs du Royaume de Ryûku (appellation classique d’Okinawa). Kenwa Mabuniné à Shuri à Okinawa en 1889 et mort en 1952 est le fondateur du shitô-ryu.

A partir de 1930, il enseigne dans son propre dojo à Osaka où il forme de nombreux maîtres dont ses deux fils, et publie de nombreux ouvrages.
Enfant, Kenwa Mabuni est de santé fragile et cherche le moyen de devenir plus fort. A l’âge de 13 ans, il devient l’élève de maitre Ankô Itosu et va persévérer dans son entraînement sans manquer un seul jour.
(Ce dernier (Itosu) a développé une véritable pédagogie du karaté Shōrin-ryū (ancienne méthode bien avant les styles connus d’aujourd’hui), créant les cinq premiers katas de base (pinan shodan, pinan nidan, pinan sandan, pinan yodan, pinan godan), à partir de plusieurs katas d’origines, longs et compliqués dont, entre autres, kosokun dai (ou kushanku dai ou encore kanku dai en japonais). Il fut, en 1901, l’instigateur de l’introduction du karaté comme « matière » obligatoire dans le cursus scolaire d’Okinawa. C’est d’ailleurs pour faciliter son enseignement à de jeunes enfants qu’il a créé les Pinan).
Un de ses proches amis, Chōjun Miyagi (宮城 長順, fondateur du gōjū-ryū) présenta Mabuni à une autre personnalité de l’époque, Kanryō Higashionna (東恩納寛量), et il commença à apprendre le naha-te (那覇手) sous son instruction. Bien qu’Itosu et Higashionna enseignaient tous deux un style « dur-souple » de l’okinawa-te, leurs méthodes étaient assez différentes : l’enseignement d’Itosu incluait des techniques directes et puissantes comme celles démontrées dans les katas naifanchi et bassai ; celui de Higashionna, quant à lui, s’articulait particulièrement autour du déplacement circulaire et de méthodes de combat plus rapproché ainsi qu’on peut les découvrir dans les célèbres katas seipai et kururunfa. À ce jour, le karaté shitō-ryū se focalise toujours à la fois sur les techniques souples et dures.

 

Kenwa Mabuni sensei a été grandement influencé par ses deux principaux professeurs dans le développement de son Karaté, il a aussi inclus l’interprétation des lignes intérieures pour représenter ses deux principaux professeurs :

Kanryo Higashionna (1853-1915)
Anko Itosu (1830-1915)

Après avoir terminé ses études au lycée, Kenwa Mabuni fait son service militaire et finit par entrer dans la police. Il quitte ensuite la police après une dizaine d’années de service qui lui ont permis d’apprendre le karaté-do à travers les différentes parties de l’île d’Okinawa. Finalement, il s’installe à Osaka au Japon vers 1929 et commence à enseigner son Karaté lorsque Butokukai, qui était le responsable des arts martiaux au Japon commença à établir une liste de toutes les écoles de karaté. Maître Mabuni nomme son style Hanko-ryu (moitié-dur), mais il change ensuite ce nom pour « shitô-ryu » en 1930, en l’honneur de ses deux grands maîtres Itosu et Higashionna.

Il meurt le 23 mai 1952 à l’âge de 63 ans. Etant son fils aine, c’est Keneï Mabuni qui lui succède à la direction de l’école centrale de Shito-ryu.

Kenei Mabuni (1918-2015)
Kenwa Mabuni (1889-1952)

Cet emblème représente l’écusson de la famille Mabuni. Le cercle peut être interprété comme un symbole de paix et d’harmonie, alors que les deux lignes internes verticales et horizontales représentent la calligraphie japonaise pour le mot « personne » ou « peuple ». L’emblème symbolise alors deux personnes s’efforçant à maintenir la paix dans le cercle. Parce que Kenwa Mabuni a été grandement influencé par ses deux principaux professeurs dans le développement de son Karaté, l’interprétation des deux lignes se réfère aussi à ses deux professeurs.

Dans ces dernières années, il développa un certain nombre de katas formels, tel que Aoyagi, Seiryu (saule vert) avec Yasuhiro Konishi et l’aide de Ueshiba Morihei (fondateur de l’Aikido) et Meijo, conçus spécifiquement pour l’auto-défense des femmes.

Célèbre fils de Kenwa Mabuni, fondateur de l’école Shito-Ryu, Kenei Mabuni s’est éteint en décembre 2015.

Retour sur les moments forts de la vie de cet homme, qui aura consacré toute son existence à développer l’école de son père, le Karate-do Shito-Ryu.

Ainé d’une fratrie de trois enfants, Kenei Mabuni a reçu l’instruction de son père dès son plus jeune âge et ce durant toute son enfance. Ainsi, lorsque Kenwa Mabuni ouvre son propre dojo, en 1934, Kenei à l’occasion de fréquenter les élèves de son père. Il fera ses armes auprès de personnalités telles que Choki Motobu, Yasuhiro Konishi, Yabiku Moden ou encore Gichin Funakoshi.
Quelques années plus tard, Kenwa Mabuni fait enregistrer le style Shito-Ryu de manière officielle auprès de l’organisation qui gouvernait les arts-martiaux du Japon à l’époque, le « Dai Nippon Butoku Kai ». Dès la fin de la seconde guerre mondiale, Kenei se joint à son père pour l’aider à enseigner et répandre le Shito-Ryu à travers le Japon.

Ainsi, lorsque son père décède en 1952, et alors qu’il est âgé de 34 ans, Kenei est désigné comme étant le 2ème maître, ou « soke », du style Shito-Ryu. Quelques années plus tard, en 1960, il devient le « Kansaï-President » de la fédération japonaise de Shito-Ryu, c’est-à-dire le « Président de l’Ouest ». En 1962, il part pour le Mexique afin d’y enseigner l’art de son père, et finira par faire escale au Guatemala, au Honduras ainsi qu’aux Etats-Unis, mais également dans bien d’autres pays tout au long de sa vie.
Quelques années plus tard, en 1970, lors de l’inauguration du premier Championnat du Monde de Karate-Do de l’Union Mondiale des Organisations de Karate-Do, il sera le premier à faire une démonstration du « Nipaipo », kata du sensei chinois Gokenki. A peine deux ans plus tard, il est certifié par la Fédération Japonaise des Organisations de Karate-Do comme juge de première classe.
Ayant toujours pour objectif de développer le Shito-Ryu, Kenei Mabuni, qui a également pratiqué l’Aikido, le Kendo, ou encore le Judo, reçoit en janvier 1984 la médaille d’honneur pour ses contributions aux arts-martiaux, par le Conseil Japonais des Arts-Martiaux (ou le Nippon Budo Kyougi Kai).
Titulaire du 10ème dan, et auteur de plusieurs livres sur les techniques de son art-martial, celui qui aura acté toute sa vie pour développer le style Shito-Ryu, s’est éteint, le 19 décembre 2015, à l’âge de 97 ans. Au revoir et bon voyage sensei.

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